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  • Antoine BonnefilleRoualet

Lettre à moi... à vous... à eux... à nous...

La nature à elle seule vient d'asseoir l'Homme sur le fauteuil de la conscience... Sera-t-elle partielle, définitive ou ignorée ? Le constat est sans appel, nous devons ralentir... Pleurer nos morts ne doit pas nous faire oublier que nous sommes en partie responsables. La machine humaine va vite, très vite, trop vite. Nos modes de vie referment égoïstement chaque porte pouvant mener à une sortie digne et responsable. Nos ressources s'épuisent comme un coureur sur son tapis, à vive allure et sans autre issue, que de foncer droit devant et sans nul doute, droit dedans...


Pourtant, ralentir n'est-il pas le meilleur moyen de relever la tête et d'observer ce qui nous entoure et ceux qui nous entourent ? Nous avons créé nos propres vies dans ce qu'est la Vie, nous n'en avons fait qu'à nos têtes et continuons chaque jour à enterrer nos vieux avant de le faire payer à nos enfants.


Aussi cruel qu'il soit, le Covid_19 nous met face à un constat sans appel. Celui d'une existence gâchée dans laquelle nous détruisons la vérité pour re-construire dans le mensonge et l'ignorance. A présent, il nous faut faire face à une réalité qui malheureusement embrasse déjà bien trop, le point de non-retour. La Terre souffre, ceux qui étaient là avant nous aussi, et l'Homme en est le seul responsable.


Que va-t-on laisser de notre passage ? La Terre mérite-elle ce qu'on lui afflige sans cesse, chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde ?

Nous jouons inconsciemment avec égoïsme et mépris dans un éco-système fragile qui nous était pourtant offert avec grâce et générosité. Mais à présent, la Terre est lasse, éreintée, blessée... Et ce virus n'est qu'une ébauche supplémentaire de sa colère...


Alors pourquoi continuer ? Pourquoi ne pas faire le point sur ces modes de vies que sont les nôtres ? Ces derniers sont irresponsables, destructeurs et pourtant, avec seulement quelques petits riens, nous pouvons inverser la tendance.

Intégrer le bon sens, ralentir, considérer, vivre avec et pour la nature. Re-découvrir chacun de nos sens, respirer, écouter... observer les étoiles, le fond des rivières, la neige qui tombe...

Tout ça n'est pas bien loin derrière, nous avons juste un peu dérivé avec vitesse et précipitation. Mais quelques coups de rames collectifs peuvent suffire pour reprendre le cap et éviter une chute fatale...


La Vie nous offre une ultime chance de rejoindre la vérité, alors prenons place à cotés d'elle, dans le respect, la solidarité et le partage. Il n'est pas temps de conclure que nous sommes en guerre, l'arme s'est brutalement retournée contre nous et c'est à un suicide collectif auquel nous assistons. Alors, commençons déjà par ralentir... découvrir ou re-découvrir ce que représente 1 sec, 1 min, 1 heure, 1 journée, le soleil qui se lève et se couche, respirer, manger, partager, chanter, rire, pleurer, danser...


Serge Reggiani chantait "le temps qui reste...", un chef d'oeuvre qui replace la valeur du temps au coeur de celui qui nous reste. Un appel au secours lancé par le condamné, qui ralentit par la force des choses, prend conscience du temps qui lui reste et dans lequel il voudrait vivre. Aujourd'hui, nous sommes tous condamnés, alors tentons simplement de réduire notre peine en prenant soin de celle qui aura le jugement dernier.


Ci-dessous, voici les paroles de sa chanson


Combien de temps... Combien de temps encore Des années, des jours, des heures, combien ? Quand j'y pense, mon coeur bat si fort... Mon pays c'est la vie. Combien de temps... Combien ?


Je l'aime tant, le temps qui reste... Je veux rire, courir, pleurer, parler, Et voir, et croire Et boire, danser, Crier, manger, nager, bondir, désobéir J'ai pas fini, j'ai pas fini Voler, chanter, partir, repartir Souffrir, aimer

Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand Je sais qu'il n'y a pas longtemps... Et que mon pays c'est la vie Je sais aussi que mon père disait : Le temps c'est comme ton pain... Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain Encore du temps, mais combien ?

Je veux jouer encore... Je veux rire des montagnes de rires, Je veux pleurer des torrents de larmes, Je veux boire des bateaux entiers de vin De Bordeaux et d'Italie Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans J'ai pas fini, j'ai pas fini

Je veux chanter Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix... Je l'aime tant le temps qui reste... Combien de temps... Combien de temps encore ? Des années, des jours, des heures, combien ? Je veux des histoires, des voyages... J'ai tant de gens à voir, tant d'images..

Des enfants, des femmes, des grands hommes, Des petits hommes, des marrants, des tristes, Des très intelligents et des cons, C'est drôle, les cons ca repose, C'est comme le feuillage au milieu des roses... Combien de temps... Combien de temps encore ?

Des années, des jours, des heures, combien ? Je m'en fous mon amour... Quand l'orchestre s'arretera, je danserai encore... Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul... Quand le temps s'arretera.. Je t'aimerai encore Je ne sais pas où, je ne sais pas comment... Mais je t'aimerai encore...

D'accord ?


Lien vers la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=JRqboUi5XCQ


Tant de mélancolie chantée, de tristesse avouée et d'espoir inachevé. Reggiani a résumé ce que l'on est au coeur de ce que l'on vit, résume nos envies, nos craintes et ce que l'on ne veut pas rater. L'expression de nos sentiments marqués, de nos émotions bousculées. La vie est belle mais sans le temps, elle n'est plus rien...


En dehors du malheur que nous fait vivre le Covid et des personnes qui disparaissent, j'aurais payé cher pour assister à ce que nous vivons actuellement. Et si je pouvais à moi seul, je paierais cher pour que le rouleau compresseur ne reparte jamais...


A bon entendeur...


Antoine Bonnefille-Roualet


(c) David Malacrida - 2019

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