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Portrait engagé #11 : Thomas Joly



En ces mois de fraîcheur qui sont désormais arrivés et dans lesquels il nous est offert de rester bien au chaud, nous avons choisi de nous inviter dans vos lectures, vos instants thé... ou café !

Comment ? En vous présentant celles et ceux sans qui Baskets aux Pieds ne serait pas l’association que vous connaissez aujourd’hui. Celles et ceux sans qui les enfants ne pourraient pas être accompagnés ainsi dans leur maladie. Et enfin, celles et ceux sans qui vous ne liriez pas ces quelques lignes.

Mais... de qui parle-t-on ? Eh bien de ces Femmes et de ces Hommes engagés, qui se rendent régulièrement dans les services d'hémato-oncologie pédiatriques des hôpitaux de France.

De ces Femmes et de ces Hommes allant à la rencontre des soignants, des familles, mais aussi et surtout, des enfants. Accompagner, soulager, réconforter, motiver, consoler... ne sont autres que leurs mots d'ordre, leurs cris de guerre !

Ces Hommes et ces Femmes sont au nombre de 18 et ce sont nos intervenant(e)s hospitalier(ère)s, ou plutôt, nos pépites, nos précieux et une partie de notre grande famille solidaire !

Après ce voyage en Suisse la semaine passée (Julie attend toujours l’arrivée de son bébé), nous allons mettre le cap au nord pour retrouver une ville que nous avons déjà visitée lors de la rencontre d’Adrien dans notre premier portrait, cette ville symbolisée par un chardon, les mirabelles, la bergamote, le macaron, et plus près de nous, par les quelques célébrités et sportifs que sont Michel Platini, Karine Lemarchand, Tom Novembre ou le Chef 3 étoiles, Frédéric Anton.

En ce mois de novembre, mettons un bonnet et une paire de gants, et allons rejoindre Thomas qui nous attend au Café des Arts, place Stanislas.


Bonjour Thomas, heureux de revenir ici à Nancy pour te rencontrer, pour faire ta connaissance. Tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lectrices et nos lecteurs ?

Je suis Thomas Joly, j’ai 37 ans et j’aime le dire, je suis Vosgien.

Je suis en couple avec Elodie et je suis formateur de formateurs. Je forme les Femmes et les Hommes qui interviennent dans les entreprises pour prévenir les risques professionnels, notamment les troubles musculo squelettiques et les gestes de 1er secours. Ce sont des formateurs qui interviennent dans le cadre de la santé et de la sécurité au travail. En complément, je suis pompier volontaire à Epinal.

Pour ce qui est de mon action avec Baskets aux Pieds, je suis pour l’instant en formation, en binôme avec Adrien au CHU de Nancy.



Dans la vie, tu carbures à quoi, qu’est ce qui te fait te lever le matin ?

D’abord, je dirais que j’avance grâce à mon métier que j’adore. Je me lève aussi par l’envie, par l’envie d’apprendre ; en effet, j’ai repris mes études. Je suis en STAPS activité physique depuis maintenant 1 an. Il me reste encore 1 an. Au-delà du plaisir d’apprendre, au-delà du rapport à la pédagogie et de ses techniques pour former, cette formation m’apporte des compétences en complément de mon boulot. Comme tu le vois, mes journées tournent autour du physique et de l’activité physique.



Comment as-tu connu Baskets aux Pieds ?


J’ai connu l’association en deux temps. Tout d’abord, grâce à Adrien. Il a organisé il y quelques temps une course autour des ponts d’Epinal le week-end du Téléthon. L’amicale des pompiers s’est engagée à soutenir des associations dont Baskets aux Pieds, une partie des profits étant attribuée à Baskets aux Pieds. Cette première approche m’a permis de découvrir l’association, ses objectifs, ses valeurs.

La deuxième étape a été la rencontre avec Antoine lors de la remise de chèque. Il m’a présenté l’association avec plus de détails, avec ses mots, avec ses tripes et ses émotions. Et cela ça a matché tout de suite, c’était devenu une évidence. Adrien m'a alors proposé d'être son binôme sur Nancy, avec l’aval d’Antoine.



Comment t’est venue l’envie intrinsèque d’être intervenant, pourquoi as-tu voulu aller au contact des soignants et des enfants ?

J’aime l’idée de pouvoir prendre part et d’accompagner l'enfant pendant ses soins. C'est l'humain qui m'intéresse, ne serait-ce que d'être côte à côte. Je veux absolument être acteur, parler et échanger avec l'enfant. Lui apporter de l'évasion. L’aide, l’accompagnement, l’envie de faire quelque chose pour que l’autre aille mieux fait partie de mon métier, de mon engagement avec les pompiers. Maintenant, c’est une nouvelle part de ma vie avec l’accompagnement des enfants au CHU de Nancy. J’ai hâte de finir ma formation pour prendre mon envol et aller au plus près de ces bambins qui en ont tellement besoin.




Qu’est ce qui t’anime à aller rencontrer les enfants, pourquoi tu as choisi d’aller te confronter à ce secteur si difficile que sont les services d’hémato-oncologie ?

Je pense que c’est que je n'ai pas de frein, rien ne m'arrête. Les enfants méritent que l'on prenne du temps avec eux. Ils reçoivent les images de la nature comme un cadeau immense.

Ils ne peuvent pas mettre une paire de baskets et aller courir dehors comme nous le faisions quand nous étions gamins et comme nous le faisons encore maintenant. Ils ne sont pas autonomes, ils ont encore plus de besoins que les autres qui sont dehors. Alors avec BAP, on leur apporte une petite partie de cette évasion dans la chambre avec le casque et le masque, on leur prend la main pour aller sur les chemins, dans la nature virtuellement.



Quel est ton plus gros souvenir, ton plus gros moment fort ?

C’est certainement mon premier accompagnement d'un soin douloureux. C’était sur une petite fille de 10 ans, elle devait recevoir un soin qui prenait la forme d’une injection en chambre. Adrien m’a proposé de venir avec lui, ce que j’ai accepté sans réfléchir. C’était logique. Cette petite fille avait eu une mauvaise expérience avec ce soin, elle avait peur. Nous lui avons posé le masque sur les yeux et le casque sur les oreilles après avoir passé un petit moment à échanger, à lui expliquer et surtout à l’écouter. Après la pose du masque, elle s’est totalement détendue, elle a posé ses doigts sur son drap. Et elle est partie, elle volait comme un oiseau, elle était légère. Elle n'a presque rien senti de l’injection. Je venais de voir en live que cela fonctionnait. Et au-delà de le voir, je l’ai ressenti au plus profond de moi. C’était fort. Et quand le voyage s’est arrêté, le son de la voix de cette petite fille traduisait toute son émotion. Waouh, c’était beau !



Merci beaucoup Thomas, ça fait tellement de bien d’entendre des témoignages comme le tien. Il est désormais le temps de nous quitter et je trouve que ces derniers mots sont tellement forts qu’il n’y a que très peu de mots à ajouter. Juste un grand merci, merci de ton engagement et de faire vivre l’association à Nancy avec Adrien. Pour tous ces enfants, leurs parents et pour tous les soignants.

Tu connais maintenant ce qu’il te reste à faire, voici mon clavier, à toi de nous écrire la fin. Merci Thomas.

Merci à toi et à toute la communauté Baskets aux Pieds.

Je suis ravi de rejoindre l'aventure. J’ai pu rencontrer la plupart des intervenants et membres de l’association lors du séminaire d’octobre. J’ai déjà ma place, cela me touche vraiment.

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