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Portrait engagé #6 : Virginie Parrot-Martinet



En ces mois de fraîcheur qui s'annoncent et dans lesquels il nous est offert de rester bien au chaud, nous avons choisi de nous inviter dans vos lectures, vos instants thé... ou café !


Comment ? En vous présentant celles et ceux sans qui Baskets aux pieds ne serait pas l’association que vous connaissez aujourd’hui. Celles et ceux sans qui les enfants ne pourraient pas être accompagnés ainsi dans leur maladie. Et enfin, celles et ceux sans qui vous ne liriez pas ces quelques lignes.

Mais... de qui parle-t-on ? Et bien de ces Femmes et de ces Hommes engagés, qui se rendent régulièrement dans les services d'hémato-oncologie pédiatriques des hôpitaux de France.

De ces Femmes et de ces Hommes allant à la rencontre des soignants, des familles, mais aussi et surtout, des enfants. Accompagner, soulager, réconforter, motiver, consoler... ne sont autres que leurs mots d'ordre, leurs cris de guerre !

Ces Hommes et ces Femmes sont aux nombres de 18 et ce sont nos intervenant(e)s hospitalier(ère)s, ou plutôt, nos pépites, nos précieux et une partie de notre grande famille solidaire !

Après Adrien, Laurie, Grégory, Sylvie et Nicolas poursuivons l'aventure à leur rencontre ! Cette semaine, on vous embarque région parisienne, à la rencontre de Virginie, intervenante hospitalière à l’hôpital Armand Trousseau.




Bonjour Virginie, bienvenue ici. Pour tous nos lecteurs, peux-tu te prêter au jeu de la présentation, qui es-tu ?

Je m’appelle donc Virginie Parrot-Martinet, j’ai 48 ans. Je suis mariée et on a 2 filles. Parrot, c’est mon nom de jeune fille, que j’ai voulu garder en mémoire à ma maman, à mes parents. Martinet, mon nom d’épouse, le nom de mon mari Eric qui me « supporte » maintenant depuis plus de 20 ans.

Dans la vie, je suis professeure des écoles et j’interviens chez Baskets aux Pieds à Trousseau. Attends, j’oublie : j’ai deux chiens, Dispy qui devient une mémère pantouflarde et Paco, mon amour de boxer, ma boule d’énergie.


Dans la vie, tu carbures à quoi ?

En priorité et en absolu, ma famille, mes filles et mon mari. Cloé, ma grande, sportive, Cyrielle « Cycy » mon artiste. Elles sont une partie de moi, je les aime plus que tout.

J’ai également mon travail que j’adore, qui m’est indispensable. Etre professeure des écoles n’est pas une chose facile en 2022. Surtout que j’exerce dans un bassin de population où mixité et précarité sont bien présents. Mais c’est tellement exaltant, gratifiant d’apprendre à des enfants, de leur donner les bases. J’exerce en CP, CE1, aux bases de la vie scolaire. Regarder ces enfants évoluer chaque jour, chaque semaine, chaque mois, j’adore.

Et puis il y a la vie simple, les promenades avec mon Paco, le ciné avec mon mari, les repas en famille avec mon frère, ma bel’s et mes neveux et nièces. J’aime être en famille.



Comment as-tu connu Baskets aux Pieds ?


J’étais en vacances avec mon frère, Christophe, qui connaissait avant moi l’association. Il m’a présenté BAP. Je me souviens, nous étions sur la terrasse au Chinaillon. Nous étions face à la montagne, face à ces espaces verts, face à ce ciel bleu, face au silence. J’ai adoré l’idée, et l’environnement dans lequel nous étions imageait totalement les paroles de mon frérot.

Voyant que ceci m’intéressait, il a organisé une rencontre avec Antoine. Merci mon frère de ce moment, merci de cette rencontre avec Baskets aux pieds. Par contre, si tu lis ces quelques lignes, pourrais-tu relouer cet appart pour que tu puisses m’accompagner de nouveau sur ces sentiers ! Car oui, moi aussi je cours et j’adore arpenter les sentiers au-dessus du Grand-Bornand



Comment t’es venue l’envie d’être intervenante, pourquoi as-tu voulu aller au contact des soignants et des enfants ?


J'aime les enfants, c’est viscéral. C’est la raison de mon métier d’enseignante, c’est mon quotidien avec mes filles.

Et puis il y a cette maladie. J’ai connu les affres du cancer malheureusement avec ma maman qui nous a quittés alors que j’avais à peine 25 ans. Elle et moi, c’était fusionnel et sa disparition a laissé des traces. Beaucoup de traces. Indélébiles. J’ai peut-être quelque chose à régler avec cette maladie.

Alors Cancer chez les enfants, c’est juste impossible. Rien n'est plus injuste qu'un enfant malade, un enfant qui souffre, un enfant qui doit vivre toutes les incidences de la maladie.

De mon côté, je suis en bonne santé, mes filles sont grandes maintenant, j'ai du temps à donner. En étant intervenante, je me sens utile auprès de ceux qui en ont besoin. Donc mon temps libre, tout du moins une partie, je le mets au service des enfants. Cela donne un sens supplémentaire à ma vie qui est déjà bien belle. Dans une 2ème vie, je pense que je serai infirmière auprès des enfants.



Qu’est-ce qui te pousse à aller voir les enfants dans un service aussi lourd que l’hémato-oncologie ?


Comme je viens de te l’expliquer, j’ai un compte débiteur vis-à-vis du Cancer. C’est une cause qui me tient vraiment à cœur, au plus profond de moi. Être dans une association et donner du temps de ma vie est devenu une évidence. Et comme évoqué précédemment, je me sens utile. Et pas que pour les enfants.

Les échanges avec les parents sont aussi très importants. Essayer de leur apporter un petit supplément lors de cette phase de vie si compliquée. Et il y a ces rencontres avec les soignants, tout ce personnel au service des gamins. Tous ces moments sont tellement essentiels.

Moi qui ai du temps à donner, je le donne pour tout cela, pour les mômes. Et quels retours !!!! Quand tu penses qu’ils sont lourdement malades, ils ne se plaignent jamais, ils ont toujours le sourire. Ils imposent tellement de respect. Beaucoup d’adultes devraient voir cela, cela les empêcherait de parler de leurs petits tracas de la vie quotidienne.





Quel est ton plus gros souvenir, ton plus gros moment fort ?

Il y en a plein. Ça dépasse un peu le cadre de l’hémato oncologie « classique ».

Un jour, j'ai fait une visite à Garches, une structure de handicap lourd, toujours pour apporter du voyage aux enfants, pour offrir un moment de « lâcher prise ».

Je suis intervenue auprès d’une fillette de 10 ans qui était en soins palliatifs. Elle était lourdement handicapée, avec peu de mouvements, peu d’émotions. Alors je lui ai mis le masque. Et je l’ai regardée partir dans son voyage. A ce moment là, la kiné est passée, elle a vu la petite assise, avec le sourire : « Oh, là, je la sens bien, il y a très longtemps que je ne l’ai pas vue comme cela » m’avoua la kiné. Nous étions tous les trois dans la chambre, c'était fort. Peu de mots, juste des émotions. Grâce aux images, elle s'est mise assise dans son lit avec le sourire. Elle était bien. Nous aussi.

A titre personnel, je dois avouer que j'aime venir dans cet endroit. C'est familial. Je me sens bien ici.



Il est maintenant l’heure de se quitter. Je te remercie très sincèrement pour cet échange qui permet de mieux te connaitre. Merci surtout pour tout ce que tu fais pour les enfants, pour Baskets aux Pieds, à Trousseau et à Garches.

Avant de te laisser partir, je voudrais te laisser la plume, ou plus simplement les touches de mon clavier pour que tu puisses nous laisser une phrase, celle de ton choix. Ta phrase. Encore un grand merci Virginie. A très bientôt sur les réseaux, même si je sais que tu n’aimes pas trop y aller. Et surtout à très bientôt sur les chemins avec ton Paco, avec tes filles et ton mari… et peut-être sur les sentiers du Grand-Bornand si ton frère te renvoie une invitation !

C’est une très grande fierté de porter les couleurs de Baskets aux Pieds, parce que c’est une belle association, parce que c’est une belle cause, parce que l'on rencontre plein de personnes si riches. Et puis avec les autres intervenants, on partage la même envie. Je suis convaincue du bien fait de nos actions. A très vite les mômes, je vous embrasse.

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