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Portrait engagé #7 : Laurent Rousseau




En ces mois de fraîcheur qui s'annoncent et dans lesquels il nous est offert de rester bien au chaud, nous avons choisi de nous inviter dans vos lectures, vos instants thé... ou café !

Comment ? En vous présentant celles et ceux sans qui Baskets aux pieds ne serait pas l’association que vous connaissez aujourd’hui. Celles et ceux sans qui les enfants ne pourraient pas être accompagnés ainsi dans leur maladie. Et enfin, celles et ceux sans qui vous ne liriez pas ces quelques lignes.

Mais... de qui parle-t-on ? Et bien de ces Femmes et de ces Hommes engagés, qui se rendent régulièrement dans les services d'hémato-oncologie pédiatriques des hôpitaux de France.

De ces Femmes et de ces Hommes allant à la rencontre des soignants, des familles, mais aussi et surtout, des enfants. Accompagner, soulager, réconforter, motiver, consoler... ne sont autres que leurs mots d'ordre, leurs cris de guerre ! Ces Hommes et ces Femmes sont aux nombres de 18 et ce sont nos intervenant(e)s hospitalier(ère)s, ou plutôt, nos pépites, nos précieux et une partie de notre grande famille solidaire !



Après un voyage dans la capitale la semaine passée, nous allons reprendre le chemin d’une magnifique région viticole, une région baignée par l’océan, une région que nous avons déjà visitée au bras de la charmante Sylvie, une région où nous attend Laurent. Mais avant de le retrouver, quelques vers de Hégésippe Moreau, poète et écrivain du 19ème siècle :

Bordeaux, paradis de mes anges,

Olympe de mes dieux, Bordeaux,

J’irai te chanter des louanges,

La besace homérique au dos.

Sans plus attendre, allons dès à présent retrouver notre Ambassadeur de Nouvelle aquitaine :

Bonjour Laurent, ravi de revenir en Nouvelle Aquitaine pour te rencontrer et t’écouter, pour te faire découvrir à nos lecteurs. Avant toute chose, pourrais-tu, s’il te plait, te présenter ?


Je m’appelle Laurent Rousseau, j’ai 48 ans. Je suis marié depuis 20 ans et j’ai trois enfants, de 18, 13 et 10 ans. Cette belle fratrie, c’est le cœur du réacteur de ma vie.

Professionnellement, je suis fonctionnaire de police. Enfin, côté solidarité, j’interviens au CHU de Bordeaux avec Sylvie. Nous sommes le binôme BAP de la Nouvelle Aquitaine.




Dans la vie, tu carbures à quoi ?


Je dirais sans hésitation ma famille. Mes enfants et ma femme. C’est avec eux, pour eux que je vis, que je me lève. Ils me donnent sans cesse, ils me motivent, ils me donnent le carburant nécessaire à ma vie.


Une fois ces fondations posées, et en allant un peu plus loin, je peux dire que j’aime donner. Que je suis toujours là pour les autres, pour aider, pour faire quelque chose de bien pour les autres. Cela donne du sens à ma vie.

C’est une des valeur de mon travail au quotidien.

On voit souvent l’aspect répressif du fonctionnaire de police. Mais à la source, on est là pour protéger, pour aider celle ou celui qui en a besoin, pour lui garantir le respect de tout un tas de choses. L’autorité de la police n’en est que la déclinaison. Ma mission est bien d’aider ceux qui sont dans le besoin.


A titre personnel, et donc dans ma mission chez Baskets aux Pieds, c’est identique. J’ai besoin d’aider, j’ai envie d’aider, c’est au plus profond de mes tripes. Et là, je dois dire que j’ai trouvé vraiment ce que j’aime. Comme je viens de te le dire, cela donne du sens à ma vie.




Comment as-tu connu Baskets aux Pieds ?


A l’origine, j’ai connu l’association sur les réseaux sociaux, Facebook en particulier. Au départ, je dois te l’avouer, j’étais un peu méfiant. Certainement une dérive professionnelle. J’ai besoin d’analyser, de regarder, de comprendre, de creuser avant de me lancer. Je suivais l’aventure de BAP un peu de loin mais je la suivais. J’étais intrigué. Et petit à petit, l’envie de m’engager s’est accrue. Puis l’envie est devenue un besoin. Alors j’ai saisi mon téléphone et j’ai appelé Sylvie. Je dois dire qu’elle a été une ambassadrice 5 étoiles ! Elle m’a convaincu rapidement, même si je crois que je l’étais au moment où je lui ai dit « bonjour ». Depuis, nous sommes en binôme et je suis vraiment ravi de cette belle aventure.




Comment t’est venue l’envie d’être intervenant, pourquoi as-tu voulu aller au contact des soignants et des enfants ?


Déjà, pour tout ce que je viens de te confier.

Et puis moi, j'adore les enfants. Les miens sont ma Vie. Je pense que j’ai donné le maximum pour eux. Je leur donne encore et leur donnerai toujours. Et comme il m’en reste encore un peu, m’engager pour ceux qui en ont besoin fût logique, une évidence.

Je voulais donner mon instant de bonheur aux enfants. Alors avec cette pandémie, cela a trainé, ce fût long. Tellement long. Il a fallu ronger son frein. Maintenant que nous pouvons nous rendre dans les services, dans les chambres, maintenant que nous pouvons aller à leur contact, je dois être franc : je prends mon pied en leur donnant cette bulle d’oxygène.


Qu’est ce qui te pousse à aller voir les enfants dans un service aussi lourd que l’hémato-oncologie ?


Avant, j’étais conseiller municipal pour les écoles. Encore les enfants. Toujours les enfants. Je suis là pour les enfants, je veux avancer pour les enfants.

J’ai un avantage précieux, mon métier m'aide à mettre de côté l'aspect émotionnel lié à la maladie. Je suis formé pour être « froid » face à chaque situation, même si au fond, je reste un homme avec un cœur qui bat et qui saigne très souvent. Mais c’est là-dedans, personne ne le sait.

En allant à l’hôpital, je veux, à l'instant T, faire partager ce qu'apporte ce concept, cette idée merveilleuse qu’est Baskets aux Pieds : partager la nature et les embarquer pour un voyage, pour les exfiltrer de leur environnement et leur faire prendre du plaisir, leur donner du bonheur. En entrant à l’hôpital, en entrant dans la chambre, je ne vois pas la maladie. Je vois uniquement le plaisir et le bien-être que je vais apporter à chaque enfant. J’essaie de leur apporter ma détermination car je ne veux qu'une seule chose, à chaque fois que je leur dis « bonjour » : qu'il sorte de cette chambre et de cette maladie.






Quel est ton plus gros souvenir, ton plus gros moment fort depuis que tu interviens au CHU de Bordeaux ?


Mon plus gros souvenir, je pense que c’est lors d’une visite avec Sylvie. Nous sommes allés voir une petite fille, elle était marrante, elle avait un sourire dans l’âme. Alors j’ai raconté des bêtises, je l'ai fait rire. Elle m’a dit « Mais toi, t'es trop coquin ».

J’ai rencontré cette jeune fille alors qu’à l’origine, elle ne voulait pas me voir. Elle ne voulait voir que très peu de monde car elle n’avait qu’une envie, une obsession : quitter hôpital. Après 3 ou 4 interventions à l’hôpital où elle ne voulait pas que je passe la porte de sa chambre, j'ai réussi à aller la voir. Et à la fin du voyage, elle ne voulait plus quitter le masque, elle était bien. J’ai pu m’apercevoir ce jour-là de la puissance de Baskets aux Pieds. Même si je le savais déjà, cette petite fille m’a démontré une nouvelle fois qu’il ne fallait jamais abandonner, qu’il fallait toujours aller de l’avant. Tu sais, dès que tu as une petite lucarne, il faut la saisir. Pour le bien de l'enfant ! Et uniquement pour cela.

Nous arrivons à la fin de notre échange. Eh oui Laurent, tu sais ce qui t’attends, prépare-toi (rires communs) Avant tout, je souhaite te remercier très sincèrement pour cet échange mais surtout pour tout ce que tu fais pour les enfants, pour les parents, pour les soignants. Car Baskets aux Pieds, c’est pour eux. Pour eux aussi. Alors j’espère pouvoir revenir très prochainement dans ta belle région, venir pour t’inviter à déguster quelques fruits de mer sous la Halle des Capucins, pour partager un verre de votre délicieux breuvage local. Allez, maintenant c’est à toi, je te laisse mon clavier et te dis à très bientôt. Au revoir Laurent Que ce soit mes amis intervenants, que ce soit Antoine, c'est top ce que l'on apporte. Apporter une bulle d'oxygène à ces enfants, c'est top !




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