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Portrait engagé #8 : Katy Mulot




En ces mois de fraîcheur qui s'annoncent et dans lesquels il nous est offert de

rester bien au chaud, nous avons choisi de nous inviter dans vos lectures, vos

instants thé... ou café !

Comment ? En vous présentant celles et ceux sans qui Baskets aux pieds ne

serait pas l’association que vous connaissez aujourd’hui. Celles et ceux sans qui les enfants ne pourraient pas être accompagnés ainsi dans leur maladie. Et

enfin, celles et ceux sans qui vous ne liriez pas ces quelques lignes.

Mais... de qui parle-t-on ? Eh bien de ces Femmes et de ces Hommes engagés, qui se rendent régulièrement dans les services d'hémato-oncologie pédiatriques des hôpitaux de France.

De ces Femmes et de ces Hommes allant à la rencontre des soignants, des familles, mais aussi et surtout, des enfants. Accompagner, soulager, réconforter, motiver, consoler... ne sont autres que leurs mots d'ordre, leurs cris de guerre !

Ces Hommes et ces Femmes sont aux nombres de 18 et ce sont nos intervenant(e)s hospitalier(ère)s, ou plutôt, nos pépites, nos précieux et une partie de notre grande famille solidaire !


Cette semaine, nous allons rester au bord de l’océan. Nous allons remonter un peu au nord, pour retrouver le chef-lieu d’arrondissement du département du Finistère, pour aller mouiller notre embarcation dans le deuxième port militaire de France, cette ville qui a vu naître Béatrice Dalle, le rappeur Lorenzo ou encore Yann Tiersen et Yvan Le Bolloc’h.

Cette ville, nous l’avons déjà visitée avec Nicolas. Cette fois-ci, nous allons rejoindre son épouse Katy, intervenante hospitalière pour Baskets aux Pieds au CHU de Brest.

Et avant de partir vers la Tour de la Motte-Tanguy et vers les jardins du Cours Dajot, je vous laisse quelques instants avec les premiers vers d’une chanson de Jacques Prévert :


Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Epanouie ravie ruisselante

Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t'ai croisée rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de même


Bonjour Katy, très heureux de venir te rencontrer, de venir partager un moment avec toi. Comme tu le sais, nous avons déjà échangé avec ton Homme et nous aimerions mieux te connaitre, découvrir ton aventure avec Baskets aux Pieds. Alors tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?


Je suis Katy Mulot, j’ai 45 ans. Je suis mariée depuis quelques jours en secondes noces avec Nicolas, qui intervient aussi comme tu l’as dit, au CHU de Brest. Nous avons un enfant chacun, Chanelle et Thomas, qui ont 13 ans tous les deux. Nous menons une belle vie en Bretagne, entourés d’amour et de partage.

Professionnellement, j’ai été responsable administrative dans un laboratoire de tests de produits cosmétiques. Pendant 10 ans, j’ai eu envie de me tourner vers le monde des Séniors. Il m’a fallu donc un peu de temps pour organiser ce transfert et j’ai enfin pu réaliser ce rêve. Je suis désormais aide-soignante en EHPAD depuis un an. C’est un métier si riche et si décrié actuellement dans les médias et dans la Société. Cela va bien au-delà d’un métier, c’est une vocation. J’ai effectué dernièrement un stage dans une unité protégée prenant en charge les Séniors atteints de la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Dans ce type de secteur, on donne et on reçoit. Il ne faut pas avoir peur de ce monde des Séniors, il faut le découvrir pour mesurer à quel point nous faisons tellement pour que chaque jour la vie soit un peu plus belle.





Dans la vie, tu carbures à quoi ?


Tout d’abord, à l’amour et à ma famille. Ils sont mon ciment, mes fondations. Eux c’est moi.

Je me lève chaque jour pour eux. Et aussi pour mon métier que j’aime. Pour ce que je vais donner toute la journée à « mes » résidents. J’ai besoin d’aimer ce que je fais, que ce soit professionnellement ou personnellement. J’ai besoin d’avoir un sens à mon action. Quand j'ai de l'intérêt pour ce que je fais et que ça a du sens, je prends du plaisir.




Comment as-tu connu Baskets aux Pieds ?


D’abord, c’est Nicolas mon mari, qui m’en a parlé. Comme ça. Et comme nous sommes curieux, nous sommes allés sur les réseaux sociaux. Nous avons découvert Antoine avec ses émissions. Que ce soit avec E-motion Trail ou sur Objectifs Trail, les seules émissions consacrées à la course à pied outdoor. Ces balades avec François D’haene dans le Beaufortain ou ses récits de courses comme par exemple celui de la Diagonale des fous, rythmaient notre vie de sportifs. J’en profite pour lui glisser un petit message : Antoine, on adore « Un jour, Un refuge » à la maison, continue encore et encore, ce n’est que le début….

On ne parlait pas spécialement de Baskets aux pieds. Mais quand on a lu qu’Antoine allait ouvrir une antenne sur Brest, on s'est dit "ça, c’est pour nous" malgré nos motivations différentes.




Alors comment t’est venue l’envie d’être intervenante, pourquoi as-tu voulu aller au contact des soignants et des enfants ?


En tant que soignante, j'ai découvert et vécu beaucoup de choses sur l'accompagnement des patients malades. J'ai découvert que d’être du côté des soignants m'ouvre une porte sans fin sur l’accompagnement. On est utile, on soigne, on soulage la douleur, parfois on apporte un sourire, un rire. On donne beaucoup. Et on reçoit autant.

Toujours en tant que soignante, je peux apporter tout ce que j'ai au plus profond de moi de positif. Je peux donner sans compter, juste pour rendre meilleure la minute suivante.


Quant à ma motivation de devenir ambassadrice Baskets aux Pieds, elle est toute naturelle.

Je sais par mon travail à quel point un patient, un enfant, une famille, un soignant, à quel point ils ont besoin de nous. Quels que soient leur âge, leur milieu social, leur origine. En intégrant la communauté BAP, je sais que je vais pouvoir apporter un petit supplément de soulagement de la douleur, un supplément de plaisir et de bonheur. Par l’évasion, la nature vue du ciel. Mais mon intervention n’est pas que mettre un masque sur les yeux et un casque sur les oreilles. C’est aussi et surtout passer un moment d’apaisement dans la chambre, à parler, à écouter, à donner par les mots et les regards. Le voyage virtuel concrétise tout ce que l’on a partagé ensemble juste avant.




Qu’est-ce qui te pousse à aller voir les enfants dans un service aussi lourd que l’hémato-oncologie ?


C'est arrivé un peu comme ça.

J'ai eu envie de m'impliquer pour tout ce dont je viens de te parler. J'aime que les enfants puissent aller voyager, puissent partager les valeurs du sport, l’enrichissement dû aux voyages, à la découverte de nouvelles coutumes, de nouvelles civilisations, de nouveaux lieux. J’aime que les enfants puissent regarder et vivre la nature différemment. Je sais qu’ils vont penser à autre chose lors de ma présence dans la chambre. C’est une vraie mission d’accompagnement que j’ai et j’en suis fière.




Quel est ton plus gros souvenir, ton plus gros moment fort ?


Ce n’est pas un moment en particulier mais un état, un environnement.

J’adore voir les réactions de mes collègues soignants lorsqu’ils sont avec nous, j’adore voir leur réaction après le voyage virtuel. Ils comprennent tout de suite tous les bienfaits pour les enfants et pour tous ceux qui en bénéficient.

J’ai encore en tête le visage très fermé d'un soignant en entrant dans l'unité stérile. Après le voyage, il s’était métamorphosé. Je me souviens qu’il n’avait pas atterri tout de suite. Waouh, c’est ça Baskets aux Pieds !!!

Le fait de donner le masque et de le mettre sur le visage créé un lien déjà très fort. Que ce soit avec les enfants comme avec mes collègues soignants.




Katy, il va être l’heure de nous quitter, l’heure de te laisser retrouver Nicolas, Chanelle et Thomas, l’heure de retrouver vos élèves de l’Ecole de Trail (NDLR : lire le portrait de Nicolas Mulot). Un immense merci pour tout ce que tu apportes à ces enfants, à leurs parents, un grand merci pour tous les soignants. A titre personnel, je me permets également de te remercier pour ce que tu apportes aux Séniors car je sais à quel point ton métier est peu valorisé et si décrié.

Je vais donc te laisser mon clavier et ma souris (le premier qui dit « le mulot » sera sévèrement puni 😊), te laisser glisser les doigts sur les touches pour nous quitter avec une phrase, ta phrase.

A très bientôt Katy, en Bretagne ou ailleurs. Et si la prochaine fois tu pouvais venir avec un Kouign-amann « maison »….


Je vais vous quitter avec une phrase et un mot.

Pour la phrase, je dirais « la persévérance vient au bout de tout »

Et pour le mot, et ce sera le dernier : l’amour.

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