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Julien, le sommet dans le sang

Dernière mise à jour : 28 juil.




Il y a des milieux qui t’imposent le respect, leurs pratiquants l’écoute. L’écoutent. Pour le comprendre.

Il y a la mer, l’océan. Pierre me l’a bien rappelé il n’y a pas si longtemps (pour ceux qui ne suivent pas, rendez vous dans notre blog et l’échange avec le pirate Mastalski)

Il y a la montagne. Celle que l’on arpente l’été en famille. Celle que l’on essaie d’amadouer, dossard et sac sur le dos. Celle que l’on découvre au détour d’un dénivelé, avec ses cabanes en bois. Un jour, un refuge.

Cette montagne, certains aiment aller la chercher, sur sa toise. Son sommet. Des aventuriers un peu fous. Comme tous les aventuriers. Passionnés. Comme tous les aventuriers. Accrocs à leur dope. Comme tous…. Je sais, vous avez compris :-)

Mon invité du jour est tout cela à la fois. Avec humilité et simplicité. « Christophe, pour être franc avec toi, je dois dire que je ne suis pas un grand sportif. J’ai 40 ans, le corps d’un mec normal, pas très grand, pas trop fit. Mais ce n’est pas le plus important car dans les expéditions, c’est le moral le plus important ».

Pompier volontaire à Viry ( Viry en Haute Savoie, à côté de la Suisse, pas le Viry du 9.1.), notre Toulousain de naissance va se diriger vers la montagne et ses sommets non pas pour l'exercice physique mais pour éponger sa soif de découverte. De découverte de nouveaux environnements. De nouvelles cultures. De nouvelles populations. « J’ai découvert la montagne il n’y a que 12 ans quand je suis arrivé à Feigères». Et en 12 ans, Julien va se cuisiner un beau menu. Avec de multiples ingrédients. Avec les meilleures épices. Marocaines sur le Mont Toubkal. 4 167 mètres. Françaises avec le Mont Blanc en 2014.

Puis une idée un peu folle va germer dans l’esprit de Julien. Une idée qui arrive, qui tourne et qui ne te sort plus du crâne. Ce genre d’idée qui t’empêche de réfléchir comme il faudrait. Qui te prend la tête le matin, le midi, le soir, la nuit. Cette idée qui va éclairer ton existence pendant de longues semaines. Mois. Années. Cette idée qui te manipule l’esprit H24.

Cette idée, Julien va l’avoir dans la descente du Kilimandjaro : « Et si je gravissais le plus haut sommet de chaque continent? 1 + 1 +1 ..... = 7 ». Quoi, c’est sympa comme idée non? 😂

Alors Julien va commencer par les identifier, par faire l’inventaire de son CV :

  • Kilimandjaro (5 895m, Afrique) : fait

  • Elbrus (5 643m, Europe) : fait

  • Aconcagua (6 962m, Amérique du sud) : fait

  • Denali (appelé précédemment le mont McKinley -1896 à 2015 - 6 190m, Amérique du Nord) : fait

Pas mal le CV mec! Mais si je compte bien, il t'en reste encore 3 et non des moindres :

  • Mont Vinson (4 892m, Antarctique)

  • Mont Kosciuszko (2 228m, Australie)

  • Mont Everest (8 848m, Asie)

Bien sûr, lorsque l’on énumère avec Julien ces petites collines, on s’arrête sur le monstre. Sur le king. Comme on s’arrête sur L’Alpe d’Huez quand on parle du Tour de France. Sur Monaco quand on parle de F1.

« Tu sais Christophe, je suis un aventurier réfléchi. Je sais que je n’ai pas toutes les compétences d’un Mike Horn. Je reste à ma place. Et puis l’Everest, c’est 70 000€ ; et ça, c’est certainement le plus difficile! ». Comment à l’évocation de ce sommet ne pas penser à un autre alpiniste engagé baskets aux pieds. Patrick.

L’Everest reste le must alors Julien y pense. Le garde dans un coin de sa mémoire. Pour sentir le parfum du Grand, pour humer cette ambiance ô combien particulière, il va faire rimer 2022 avec un nouveau défi. Un défi XXL. Un défi préparatoire. Le mont Manaslu.


« Le Manaslu, c’est un plus de 8 000. Je vais le tenter sans oxygène. C’est certainement un peu prétentieux pour moi mais je veux aller chercher mes limites. C’est un défi dans le défi. Il n’y a que 3% des grimpeurs qui le tente sans oxygène. Tu sais, j’y vais pour réussir. J’ai vendu ma voiture pour me financer cette expédition. J’ai pris plus de 40 jours. Alors je ne fais pas tous ces sacrifices pour ne pas aller là haut. Le Manaslu, c’est ma préparation à L’Everest »!

Quand j’aborde avec lui le sentiment de peur, Julien évoque tout de suite l’Alaska :

« il n'y avait personne à plus de 35kms, on était seul. Juste avec notre sac à dos de 25kg et notre traîneau de 35kg. Pas de porteur. Pas de refuge. Pas de camp de base. Pas de ravitaillement. On partait avec tout dès le premier jour. Là, ce sera différent ».


Le programme de l'agence fait envie.

Arrivée à Katmandou le 3 septembre. Départ du treck le 06. « J’aurai pu me faire déposer au camp de base par helico. Mais cela ne m’intéresse pas. Je veux aller au contact des populations, je veux découvrir le pays, l’environnement local. L’helico, ce sera pour la descente. Tant mieux car je serai cramé ». Lucidité, encore. Découverte. Partage.

Ensuite, Julien va enchaîner les journées de marche jusqu’au camp de base situé à 4 750m. Arrivée prévue le 13 septembre. Acclimatation.

17 septembre au 08 octobre, le programme officiel indique « Période d’ascension Camp de Base – Camps d’altitude (rotations) - Sommet ». Sommet. « Je chiale à chaque fois » me confie Julien. Nous attendons avec impatience tes larmes Mec car on va te suivre de près!

Pour préparer une telle balade, Julien met tous ses atouts de son côté. Balboa. Rocky IV.

« Je fais du treck. Comme par exemple le GR5 en 2021. Seul avec moi même, en totale autonomie. En ce moment, pour me préparer, je fais du crossfit en hypoxie ; ils ont recréé les conditions d’une altitude de 3 600 mètres dans les sous sol de l’hôpital de Genève alors j’y vais pour m’habituer. La préparation, c’est 6 mois à fond, 6 mois que j'ajoute aux bases acquises par le passé. ».

Le crossfit, c'est déjà un truc à se déboiter la carapace. Mais en hypoxie, on ne peut même pas l'imaginer. C'est un truc impensable, un exercice où le pot Belge doit être inclus en guise de cadeau de bienvenue*.

Julien lit aussi beaucoup, pour anticiper un maximum. Pour prévoir. « Camp 1 et 2, c’est très technique. Ensuite, moins, beaucoup de neige ».

La préparation, c’est aussi (et surtout) le sac. Emmener tout ce qu’il faut. Mais pas trop. Gagner quelques grammes. « J’adore cela » me confie Julien. « Mon sac est prêt à 95%, je crois que j’ai tout. ».

Quand je lui demande pourquoi monter avec Baskets aux pieds, la réponse de Julien va être une nouvelle fois honnête. Franche. Sincère. «J’ai connu BAP grâce à Yann Pagart qui connaît Antoine. Et je me suis dit que je pourrai donner un sens complémentaire à mon aventure, en ramenant les images de ma go pro pour les enfants hospitalisés. Pour mettre dans les casques. Je suis honnête avec toi Christophe, j’ai répondu à l’appel à projet pour cela, pour les enfants. Mais l’expédition, je la fais pour moi, on ne va pas se mentir. Je ne mets pas le logo de Baskets aux pieds pour faire bien dans ma com’. De toute façon, je ne suis pas réseaux sociaux! » Sois rassuré Julien, nous non plus chez BAP, on ne fait pas cela pour la gloire ni pour l’image.


Julien, c’est tout ceci. Simple. Honnête.

Une nouvelle preuve.

Je finis toujours mes échanges en demandant à mes interlocuteurs si ils ont des personnes à remercier. Parce que on ne réussit que très rarement seul. Jamais seul. Parce que ceux qui sont dans l’ombre sont si importants. Tellement importants.

Quand je lui demande si il veut associer des personnes à cette expédition, il me donne les noms du bout des lèvres. Doucement.

« Mon chef de centre qui est toujours d'un grand soutien. Comme l’ensemble de ma caserne. » Merci Patrick, merci à vous tous!

« Sandra du Savons du Leman » ( https://instagram.com/savonsduleman?igshid=YmMyMTA2M2Y=) Merci Sandra.

« Il y a aussi Allure, beauté des ongles » (https://instagram.com/allure.beaute.des.ongles?igshid=YmMyMTA2M2Y=). Merci

Avant de partir, je vous laisse le lien si vous avez envie de déposer quelques pièces dans la tirelire solidaire de Julien. Rien de plus simple qu’un clic : https://www.helloasso.com/associations/baskets-aux-pieds/collectes/ascension-du-manaslu-julien-chambert

Julien, on va te suivre chez BAP. Et en dehors. Autant que possible. On va partager tes nouvelles. À chaque fois que tu pourras nous adresser un petit message via ta balise. Vivement lire, te lire. Profites et ramènes nous plein d’images. Prends soin de toi. Amuses toi.

*: Message d’Antoine : « je ne cautionne pas ces mots qui ne rentrent pas dans nos valeurs. Je vous rassure, pas de dopage chez BAP. Sauf à la tartiflette et au génépi! 😂 »

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